Michel Roberge - Murale - Assemblage photographique - 54 x 92 cm - 2008Un exemplaire de cette murale a été donnée à la Division des archives de la Ville de Québec.
Michel Roberge
Michel Roberge - Murale - Assemblage photographique - 54 x 92 cm - 2008
Quoiqu'en dise la PDG de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BANQ), avant 2004, les conservateurs en chef et adjoint chargé de « l'action régionale » avaient leurs bureaux permanents à Québec. Aujourd'hui, les titulaires demeurant à Montréal et n'étant à Québec que quelques jours semaine, il est difficile de ne p'as réagir à l’affirmation que « la direction des Archives nationales n'a pas bougé de Québec».
Reconstruire le Manège militaire? Pourquoi ne pas doter le centre touristique de Québec d'une porte majestueuse sur les Plaines. Récupérer et solidifier les éléments de la façade qui sont récupérables. Recréer le volume de l'édifice original en construisant un bâtiment de verre illuminé en soirée. Reproduire, par sérigraphie sur verre, les éléments détruits. Entre les tourelles centrales, aménager un espace libre donnant accès aux Plaines.
Après avoir vu défiler la soixantaine de géants d'ici et d'Europe sur la Grande-Allée, une idée m'est venue. Pourquoi ne pas inciter les villes et les regroupements de villages du Québec à se doter de géants régionaux qui les représentent bien et à les intégrer dans leurs fêtes locales? Le seigneur de Montmagny, le géant Beaupré, Alexis le trotteur, le marquis de Vaudreuil, le Chevalier de Lévis, le grand chef Donnacona, le Sieur de Laviolette, Laure Conan... Les Fêtes de la Nouvelle-France pourraient aussi compter sur plus d'une centaine de géants québécois et tenir, chaque année, le plus grand rassemblement de géants en Amérique. - 2008.08.11
C'est toujours le lendemain d'un sinistre qu'on regrette de ne pas avoir protégé les richesses documentaires dont on a la garde. Le cas du Musée des Voltigeurs de Québec en est un autre triste exemple. Les partitions musicales perdues à jamais et les autres documents détruits auraient pu être sauvés s'ils avaient été numérisés, voire microfilmés. Si on a les moyens de reconstruire cet édifice patrimonial de Québec, on avait certainement ceux d'être prévoyants. Une autre démonstration des risques encourus par la conservation de notre mémoire collective fragile dans des locaux aussi peu sécuritaires. - 2008.04.08
Oui, je suis fier d'être colon, descendant d'immigrés français originaires de Saint-Germain-le-Vasson, du diocèse de Bayeux (Normandie), venus s'établir en Nouvelle-France, au XVIIe siècle, à l'Île d'Orléans, encore debout pour résister aux héritiers du conquérant de 1759-1760. Fier de mes origines. Fier du symbole qui nous distingue en cette terre d'Amérique : la fleur de lys, symbole qui a été évacué de la fête, mais toujours omniprésent dans les rues de la Capitale, comme l'avait rêvé Champlain en 1613. Fier, mais pas assez con pour ne pas dénoncer le "Nation Building canadian" qui s'approprie les sources de mon identité pour légitimer son existence. - 2008.03.16
Les autorités de la ville de Québec s'apprêtent à insérer dans le socle du monument Champlain une caissette contenant des documents illustrant le caractère de la Capitale nationale du Québec en 2008. Ces documents sont destinés à nos futurs concitoyens de 2108. Parmi les documents, on retrouverait une copie du site WEB de la ville ainsi qu'une copie du magnifique film Infiniment Québec de Jean-Claude Labrecque, tous deux sur support DVD. Dans 100 ans, il y a fort à parier que la technologie de lecture de ces supports d'aujourd'hui ne sera plus disponible. Il faudrait peut-être prévoir un support analogique fiable afin qu'une partie de la mémoire léguée dans cette caissette ne se transforme en pièce archéologique non significative. - 2008.09.24
202 jours après le début des festivités, les vraies couleurs de la Fête de Québec 1608-2008, le bleu et le blanc, ont été pour la première fois arborées dans une activité officielle de la Société du 400e. Et c'est Sir Paul McCartney, un Britannique sympathique, sensibilisé et désormais sensible au fait français au Québec qui est venu redonner tout son sens aux festivités, sous les ovations de la foule des 250 000 spectateurs auxquels il s'est très largement adressé dans leur langue commune. Il s'agit d'une bonne leçon pour les organisateurs frileux du 400e qui ont, pour les dépolitiser, aseptisé subtilement l'ensemble des manifestations censées célébrer l'histoire de la Capitale nationale du Québec. Merci Sir Paul pour avoir brillamment démontré qu’ils ont eu tort. Après tout, les couleurs du Québec ne sont-elles pas la fierté de tous les Québécois, quelles que soient leurs origines lointaines ou récentes et leurs appartenances politiques. - 2008.07.22
Le 4 novembre 2008, les Américains ont démontré à l’ensemble des nations du monde la justesse de cet adage. Plusieurs milliers d’entre eux ont scandé devant la Maison Blanche « Yes, we did ! » pendant que George W. Bush suivait les résultats des présidentielles à la télé. Imaginez la scène. Et nous Québécois, quand aurons-nous la volonté d’agir afin d’assurer notre avenir et la fierté de nous regrouper devant l’édifice de l’Assemblée nationale pour y crier, haut et fort, le soir d’un référendum gagnant : « Oui, nous l’avons fait! » J'avoue que je serai alors tout aussi ému que pouvait l’être hier, à Chicago, le révérend Jesse Jackson dans la foule venue acclamer Barack Obama. - 2008.11.05
Il y eut l’éphémère : Charles le français, Paul l’anglais et Céline, la canadienne ou la québécoise, c’est selon, le moulin et le « Woodstock en Québec » d’un 31 décembre à l’autre. Il y a le permanent : la fontaine, la promenade, le bassin, l’agora, la baie et quelques œuvres d’art. Il y aurait pu aussi y avoir le palais. En arrière plan, les millions conditionnels d’un Canada en quête d’une nouvelle histoire nationale, un site Web « canadian », parallèle au site officiel, rappelant que « la langue française est la langue fondatrice du Canada » et que la « fondation de Québec marque aussi la fondation de l'état canadien »! Une Ville de Québec, capitale nationale faut-il le rappeler, qui n’a pas eu le courage d’arborer ses couleurs : le bleu, le blanc et l’or, à tel point qu’un Sir Paul s’est trompé de drapeau pour souligner la fête. Un moulin aux images dont l’histoire de la ville s’arrêtait brusquement avec la révolution tranquille : curieusement les années 1976, 1980 et la secousse sismique qui ébranla la mosaïque canadienne en 1995 ont été effacées de notre mémoire. Mais qu’avons nous commémoré en cette année 2008 aux couleurs fuchsia, fleur d’arbrisseaux d’Amérique latine et de Nouvelle-Zélande qui ne supportent pas les gelées? De quoi nous souviendrons-nous? Qu’auront appris les nouveaux arrivants sur l’histoire de la capitale de la Nation dont ils font maintenant partie? Après 365 jours festifs, qui, parmi les politiciens québécois, dans les deux sens du mot, peut encore sincèrement se regarder dans un miroir et être convaincu d’avoir contribué à la promotion des sempiternels intérêts supérieurs du Québec? Ont-ils oublié que ces intérêts reposent sur ce que nous avons été, sur ce que nous sommes et sur ce que nous deviendrons : notre identité? - 2008.12.26